mardi 06 juillet 2010

Tueries et antidépresseurs

La récente affaire dite de "La tuerie de Pouzauges", relayée dans la plupart des médias, semble inexplicable si on n'y voit pas un lien avec la prise simultanée d'un antidépresseur. Rappelons-en les faits.

Le 30 mai dernier, un médecin vendéen, Emmanuel Bécaud, médecin de province sans histoire, se suicide après avoir tué ses quatre enfants et son épouse. Les enquêteurs confirment qu'il était sous antidépresseur au moment du drame:

"Les analyses toxicologiques montrent la présence d'une molécule à dosage thérapeutique, la sertraline" - un antidépresseur utilisé pour le traitement de l'angoisse et de l'anxiété-, a déclaré le 02 juillet le procureur de la République de La Roche-sur-Yon, Xavier Pavageau, au cours d'une conférence de presse. Les analyses montrent aussi qu'il n'y a pas eu "surmédication", ni "consommation excessive", a-t-il dit. "La question est de savoir si ce médicament lui-même est de nature à entraîner, s'il est mal maîtrisé, mal prescrit, des troubles comme les tendances suicidaires ou l'agressivité vers autrui", a-t-il ajouté.

La sertraline est commercialisée sous le nom de Zoloft, médicament de la famille des IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine), dont le chef de file est le Prozac.

En juin 2008, la revue médicale Prescrire (indépendante de l'industrie pharmaceutique) met en garde contre les dangers des IRS dans un article intitulé: "Antidépresseurs IRS et violence". En voici quelques points:

  • Les antidépresseurs inhibiteurs dits sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS) ont été, depuis le début des années 2000, reconnus à l’origine de comportements suicidaires chez les enfants d’abord, puis chez les adultes jeunes.
  • Des auteurs britanniques ont rassemblé des éléments de pharmacovigilance concernant des symptômes d’hétéroagressivité liés à des antidépresseurs : agitation, irritabilité, hostilité, agressivité, impulsivité, etc. Le rôle des IRS dans des agressions et des homicides a été évoqué.
  • Des essais cliniques de la paroxétine ou la sertraline ont mis en évidence une plus grande fréquence de manifestations d’“hostilité” que sous placebo. Le terme hostilité recouvrait notamment violence et agressivité.

Pourtant, la fiche du Vidal consacrée au Zoloft, dans la rubrique des "Effets indésirables possibles du médicament ZOLOFT", mentionne "au mieux" de la "nervosité" ou une "confusion des idées" au milieu d'une longue liste d'effets secondaires d'ordre purement physique ! On rétorquera qu'en cherchant bien ... dans le lexique attaché à la notice, à la rubrique "antidépresseur", puisque le Zoloft est un antidépresseur, il est écrit:

"Le mode d'action des antidépresseurs comporte deux aspects principaux : le soulagement de la souffrance morale et la lutte contre l'inhibition qui enlève toute volonté d'action au déprimé. Il arrive qu'un décalage survienne entre ces deux effets : la souffrance morale peut persister, alors que la capacité d'action réapparaît. Pendant cette courte période, le risque suicidaire présent chez certains déprimés peut être accru. Le médecin en tient compte dans sa prescription (association éventuelle à un tranquillisant) et celle-ci doit être impérativement respectée."

Ne joue-t-on pas aux apprentis sorciers en "levant l'inhibition" qui retient la plupart d'entre nous de commettre des actes violents, contre soi-même et contre ses proches ? A la lecture des circonstances sordides du massacre, on est en droit de s'interroger.

CCDH dénonce le recours abusif et systématique aux psychotropes depuis de nombreuses années. Dans le n° 3 du Déchaîné, CCDH publiait le témoignage révélateur d'Amandine, une jeune femme de 24 ans, qui se retrouve dans les mains d'un psychiatre pour des troubles ponctuels du sommeil. Elle se voit immédiatement diagnostiquer une dépression et prescrire des médicaments psychotres. En voici le résultat, selon Amandine:

L’envie de commettre des meurtres a commencé à m’envahir. Des idées de décapitation, de suicide, tout était mélangé dans mon esprit (enfin ce qu’ il en restait). « Ça y est, j’ étais finie, j’étais devenue folle »

Le fait que des drames tels que celui de Pouzauges défraient la chronique est un phénomène relativement nouveau en France. Comme on sait, les Etats-Unis nous précèdent souvent en la matière. C'est pourquoi CCDH, organisation internationale comprenant plus de 130 antennes dans 31 pays, a déjà lancé plusieurs campagne de sensibilisation du public avec des spots ou des documentaires diffusés à grande échelle, et qui sont accessibles sur notre site.

Espérons qu'une rapide prise de conscience de la dangerosité associée à la prise de ces psychotropes, autant chez les médecins qui les prescrivent que chez les patients qui leur font confiance - faute de se voir présenter des solutions alternatives, permettra d'éviter dans notre pays la répétition du triste scénario des tueries qui se sont produites aux Etats-Unis.

Publié par CCDH Bretagne à 6:23
Mis à jour le: mardi 06 juillet 2010 7:08
Catégories: Communiqués de presse

dimanche 04 juillet 2010

Projet de réforme de la loi sur les hospitalisations psychiatriques

Madame Bachelot a présenté récemment un projet de loi de réforme de la loi de 1990 sur la protection des patients hospitalisés sous contrainte en psychiatrie. Disons le tout net, ce projet de loi est de nature hygiéniste, il est dangereux pour tout citoyen et pas seulement pour ceux qui souffrent d'un trouble mental. Certains diront que j'exagère (un député de la majorité m'a littéralement viré de son bureau quand je lui ai présenté mes objections). J'aimerais que ce soit vrai et que l'on me prouve que cette future loi va dans le sens du progrès. Mais pour l'instant, l'on n'y arrive pas.

L'intention de la loi, c'est de faciliter l'accès aux soins. Le fait que les soins en psychiatrie consistent essentiellement à placer les individus sous camisole chimique, le fait que personne ne sort jamais guéri de psychiatrie et que dans bien des cas, soins en psychiatrie égale destruction de l'individu, tout cela est superbement ignoré. Ce projet de loi est un projet de psychiatrisation du plus grand nombre. Je vous laisse découvrir ci-dessous les principales régressions que ce projet implique.

Sachez qu'il est déjà passé en conseil des ministres et qu'il sera à l'Assemblée à la rentrée.

Il faut se mobiliser. C'est ce que fait déjà la Commission des citoyens pour les droits de l'homme. D'autres associations en font de même, comme le Groupe information asiles. La gauche commence à se mobiliser, avec la LDH, les verts et les communistes. Il est certain que des personnalités de droite vont également réagir, le sujet n'étant pas politique au sens gauche droite (mais uniquement politique au sens gestion des citoyens).

Vous pouvez consulter le détail de la position de la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme, notamment les aspects du projet de loi les plus choquants, sur le blog de Frédéric Grossmann, ICI.

Publié par CCDH France à 22:28
Catégories: Communiqués de presse

lundi 24 mai 2010

Conférence-débat organisé par la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme sur le thème: « faut-il avoir peur de la psychiatrie ? »

Vendredi 28 Mai, 20 HEURES à l'hôtel Mercure 18 bd Foch à Angers


Agrandir le plan

Dans le cadre de cette conférence, le film documentaire "Marketing de la Folie, sommes-nous tous fous ?" sera diffusé pour la première fois en public.

La psychiatrie, ses traitements psychiatriques, en particulier les psychotropes, et l'industrie pharmaceutique sont aujourd'hui sur la sellette. Après la parution d'articles, notamment celui du Point intitulé "Antidépresseurs, les mensonges des labos" et après que plusieurs crimes commis par des patients sous psychotropes aient défrayé la chronique, il est temps de s'interroger sur la dangerosité de ces produits et sur les relations incestueuses entre les psychiatres et les labos aboutissant à des prescriptions de plus en plus nombreuses. La manière dont de nouvelles maladies sont « inventées » et littéralement lancées sur le marché de la santé mentale est également un phénomène dont il convient de s'inquiéter avant que chaque aspect du comportement humain ne devienne une maladie mentale.

Les enfants sont particulièrement concernés par cette problématique : plus de 63 000 adolescents et 21 000 enfants prennent des antidépresseurs.

C'est donc pour aborder ces sujets de société que la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme organise une conférence ce Vendredi 28 Mai 20 heures à l'hôtel Mercure 18 Bd Foch à Angers. Le dernier DVD documentaire de la CCDH "Le Marketing de la Folie : sommes-nous tous fous ?" sera projeté à cette occasion. La projection sera suivie du témoignage de l'écrivain Jean-Marie Ployé, auteur du livre "Neuf mois chez les fous", qui témoignera de son parcours en psychiatrie. Cette conférence se terminera par un débat avec la salle.

9 mois chez les fous

La Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme existe en France depuis plus de 35 ans et informe le public des dangers de la psychiatrie en exposant ses abus.

L'entrée de cette conférence-débat est libre. Les journalistes sont les bienvenus. Pour toute information complémentaire, vous pouvez nous contacter par téléphone au 01 40 01 09 70 ou au 02 41 34 60 03

Publié par CCDH Bretagne à 22:12
Catégories: Communiqués de presse

mercredi 24 février 2010

Les relations douteuses entre l'AFSSAPS et les laboratoires pharmaceutiques ...

L’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé) est l'organisme qui autorise la mise sur le marché d’un médicament. Son rôle est donc double : vigilance et protection du consommateur. Mais la crédibilité de l'AFSSAPS est fortement remise en question par plusieurs rapports.

D'après un de ces rapports, l’AFSSAPS est financée à plus de 80% par les laboratoires pharmaceutiques! Dans ces conditions, on peut se demander si certains médicaments ne passent pas à travers les mailles du filet de sécurité sanitaire...

Dans un rapport, effectué par des inspecteurs de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), et remis au Ministre de la Santé en août 2007, on note de fortes inquiétudes concernant l'emprise de l'industrie pharmaceutique dans tous les domaines de la santé. Ces inquiétudes sont tout à fait fondées, et ceci à cause de la relation bien connue entre les laboratoires pharmaceutiques et la psychiatrie : la majorité des médicaments vendus par les labos sont des psychotropes, et ce sont les "experts" en santé mentale, les psychiatres, qui en font la promotion, mais pour des raisons bassement financières étant donné que cela fait des années qu'il est prouvé que ces drogues psychiatriques sont non seulement inefficaces mais dangereuses : elles tuent près de 42000 personnes chaque année...

Le chiffre d’affaires de ces laboratoires en France a été estimé à 22 milliards d’euros en 2004, dont 4 milliards réinvestis dans les actions promotionnelles pour les médicaments. Devant ces faits, il semble bien que la principale motivation soit la rentabilité maximale... Alors qu'en est-il de la santé des français dans cette course à la vente?

La législation française se doit d'être à la hauteur afin de maintenir l'éthique dans un domaine où tous les dérapages sont rendus possibles avec de telles pratiques et des chiffres d'affaires annuels aussi pharaoniques...

Publié par CCDH France à 7:08
Mis à jour le: mercredi 24 février 2010 7:11
Catégories: Communiqués de presse

jeudi 14 janvier 2010

16 janvier 2010: Journée nationale d'action pour le respect des droits de l'homme en psychiatrie. Plus de 30 manifestations dans la France entière.

Après le drame de Roquebrune-Cap-Martin où un patient psychiatrique dangereux a tué une personne âgée, la Commission des Citoyens pour les Droits de l'Homme organise le samedi 16 janvier 2010 une journée nationale d'action pour le respect des droits de l'homme en psychiatrie et pour dénoncer l'incompétence des psychiatres responsables des crimes commis par leurs patients. Au cours de cette journée, plus de 30 manifestations vont avoir lieu à Paris et en province, en particulier à Lyon, Marseille, Nice, Clermont-Ferrand, Angers et Saint-Etienne.

Voici le programme pour Angers :

de 11h15 à 12h15 : place du pilori

Le 2 janvier 2010, un déséquilibré poignarde trois personnes, dont une mortellement dans une résidence de Roquebrune-Cap-Martin. Ce criminel avait déjà violemment agressé le concierge dans cette même résidence plusieurs années auparavant. Il a ensuite été déclaré irresponsable et interné dans un hôpital psychiatrique. Il bénéficiait pourtant d'une sortie d'essai sur l'autorisation de son psychiatre dont la part de responsabilité dans le crime est évidente.

Malheureusement, ce n'est pas la 1ère fois qu'un patient interné ou sous l'emprise des drogues psychiatriques commet un acte de violence comme un meurtre, un viol, ou se suicide.

Rien que sur les 4 dernières semaines, plusieurs dizaines de personnes ont été victimes de tels actes. Le 5 janvier, un papa jette son petit garçon de 4 ans par la fenêtre.

Un homme de 40 ans cambriole une octogénaire, la menace de mort et lui impose une fellation.

Tous ces criminels avaient un passé psychiatrique ou prenaient des psychotropes.

Pour chaque fait divers, la CCDH demande à ce qu'une enquête soit réalisée afin de mettre en lumière les causes de tels drames. La CCDH dénonce particulièrement les effets dangereux des psychotropes (antidépresseurs, neuroleptiques, anti-psychotiques etc.)

D'après le Dictionnaire VIDAL, certains psychotropes entraînent des idées suicidaires, de la violence, des problèmes de mémoire, des arrêts cardiaques et encore de nombreux autres effets secondaires.

Comment se peut-il que des drogues aussi dangereuses soient prescrites à des patients déjà violents ou criminels ?

Le problème de la psychiatrie est son absence de résultat. Cela peut facilement se démontrer par l'abondance d'articles annonçant des faits divers perpétués par des patients psychiatriques. Comme l'explique le Procureur de la République de Nice, M. de Montgolfier, en charge de l'affaire de Roquebrune : « la psychiatrie n'est pas une science exacte ».

Ce n'est pas une science du tout quand on voit les résultats catastrophiques de ses traitements.

En 2008, à la suite du meurtre d'un étudiant à Grenoble par un patient psychiatrique, M. Sarkozy a proposé des réformes en psychiatrie. C'est effectivement une nécessité.

Mais avant de réformer, la CCDH demande à ce que la loi soit respectée en psychiatrie. Plus de 15 milliards d'euros sont dépensés chaque année pour la psychiatrie alors que ses résultats sont désastreux.

La CCDH qui existe en France depuis 1974 continuera son combat jusqu'à ce que les abus cessent. La CCDH est soutenue par l'association internationale des Scientologues.

Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter la Présidente de l'association au 02 41 34 60 03.

Publié par CCDH Bretagne à 7:04
Catégories: Communiqués de presse

mercredi 15 juillet 2009

Enfin les chiffres et une analyse des internements psychiatriques en France !

Les internements psychiatriques en France - Rapport de synthèse - Avril 2009

Ce rapport de synthèse, présenté le 5 juin par la CCDH lors d’une conférence de presse, 5 rue Jules César à Paris 12, a été réalisé à partir des rapports des Commissions départementales des hospitalisations psychiatriques, commissions chargées dans chaque département de contrôler le bon respect des procédures d’internements sous contrainte et de veiller au plein respect des droits de l’homme en psychiatrie. Le rapport a donc été établi à partir de rapports officiels mais non publiés que l’association s’est procurée en utilisant la loi de 1978 sur l’accès aux documents administratifs.

Au cours de cette conférence de presse, le rapport a été remis aux personnes présentes et ses points forts ont été commentés.

Ainsi, ont été présentés les chiffres des internements sous contrainte pour 2006 et 2007 (les derniers chiffres du Ministère de la santé datent de 2005) ainsi que les départements dans lesquels les internements ont triplé pendant que dans d’autres ils diminuaient de moitié.

Le non respect des procédures a été démontré département par département.

L’absence de contrôles est également développée dans ce rapport (124 hôpitaux psychiatriques ont répondu à une enquête sur les visites de contrôle censées être réalisées).

Des hôpitaux où des atteintes à la dignité des patients ont été relevées sont signalés dans le rapport et des signalements d’internements abusifs sont également recensés.

Ce rapport dresse donc un bilan complet et unique des hospitalisations sous contrainte en France avec des propositions écrites pour remédier à l’absence de véritables contrôles qui transforme les hôpitaux psychiatriques en zones de non-droit. Rappelons que la France est un pays où il y a environ 3 fois plus d’internements qu’en Italie ou 2 fois plus qu’en Angleterre, et que le gouvernement envisage de réformer la loi du 27 juin 1990 sur ce sujet, théoriquement ce printemps mais plus vraisemblablement à l’automne.

Il est donc temps de remédier à la carence d’informations sur ce sujet. Ce document possède cette ambition. Vous pouvez le télécharger:

Les internements psychiatriques en France - Rapport de synthèse - Avril 2009

Publié par CCDH France à 18:54
Catégories: Communiqués de presse, Rapports
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